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Télécoms : le démantèlement de SFR rebat les cartes du marché

Face à la dette colossale d'Altice, Bouygues Telecom, Orange et Iliad s'accordent pour orchestrer le rachat et la répartition des actifs de SFR. Une recomposition historique qui enterre l'ère des quatre opérateurs et pose un défi inédit aux autorités de la concurrence.

Télécoms : le démantèlement de SFR rebat les cartes du marché
Photo : Akil Mazumder / Source : Pexels

L'officialisation d'un protocole d'accord entre Bouygues Telecom, Orange, Iliad et Altice France ouvre le chantier le plus lourd des télécoms françaises depuis l'arrivée de Free sur le mobile en 2012. Le passage de quatre à trois opérateurs, longtemps bloqué par les autorités de concurrence, redevient d'actualité sous la pression financière. Avec près de 60 milliards d'euros de dette au niveau de son groupe et des négociations tendues avec ses créanciers, Altice doit vendre SFR. Pour monter l'opération, Bouygues Telecom s'est appuyé sur les modélisations du cabinet Arthur D. Little. L'idée n'est pas de tenter une fusion à deux, qui butterait tout de suite sur les régulateurs, mais d'organiser un partage concerté : fréquences, réseau physique et parcs d'abonnés, chaque concurrent récupère un morceau de l'opérateur au carré rouge.

Ce montage à trois vise directement à rassurer l'Autorité de la concurrence et la Commission européenne, échaudées par dix ans de tentatives de rapprochement avortées. En répartissant d'emblée les blocs de fréquences, les prises de fibre optique (FTTH) et les clients fixes comme mobiles, le trio espère désamorcer le risque de position dominante avant même le début de l'instruction formelle. Le dossier reste pourtant délicat. L'Arcep veille sur l'accès des opérateurs alternatifs aux infrastructures et sur la couverture du territoire. Le partage des pylônes et des installations techniques s'annonce particulièrement complexe dans les zones très denses, où les accords existants de mutualisation radio entre SFR et Bouygues Telecom devront être entièrement détricotés. Pour convaincre Bruxelles, les trois acquéreurs feront valoir qu'un rachat ordonné de SFR vaut mieux qu'une faillite imprévisible, dont le coût économique serait bien plus élevé.

Sur le terrain, ce passage à trois acteurs modifierait en profondeur l'économie des réseaux. Depuis dix ans, la guerre des prix rogne la rentabilité du marché grand public et oblige les opérateurs à arbitrer au centime près entre le déploiement de la 5G Standalone, l'extinction du réseau cuivre et l'augmentation des capacités de transport face au trafic vidéo. En allégeant le dossier SFR et en consolidant les bilans, l'opération donnerait plus de marge pour financer ces chantiers sans multiplier les doublons d'infrastructure. Reste l'impact direct pour les consommateurs : dans les pays européens passés de quatre à trois opérateurs, la baisse d'intensité concurrentielle a presque toujours entraîné une hausse progressive des forfaits. Les mois de discussions qui s'ouvrent devront trancher ce dilemme, entre soutien aux investissements industriels et protection du pouvoir d'achat des abonnés.

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JVNR
Écrit parJVNR

J'ai créé OTW parce que je voulais lire un site comme ça, et qu'il n'existait pas. Développeur, rédacteur quand ça m'intéresse, fondateur. Je surveille tout, je lâche rien.

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